Ce soir la nuit d’ici a l’odeur de la nuit d’un ailleurs, du vent doux qui se faufile dans les ruelles du village, des dernières échoppes qui fermeront ce dimanche, des rappels de l’été écrasant de Camargue, des petites figues qui éclataient très rouges dans ta bouche.

Ce soir c’est étrange, vraiment étrange de sentir ce vent du Sud, qui ici est d’Est, bruir les peupliers, creuser les vagues qui t’arrosent de pluie chaude et salée lorsque tu passes le point break. Le ticheurte est suffisant, ce soir juste suffisant pour grelotter en écoutant les cliquetis des mâts de la plage abandonnée du village au vin cuit que tu arpentes ce soir de janvier.

Ce soir tu boiras du vin moyen, te rappelant Veuve de guerre écouté hier. Il faut bien qu’on vive. Il faut bien qu’on boive. Il faut bien qu’on aime. Il faut bien qu’on meure.