piste numéro 6
Partout où je me rends je trouve des travaux. Sevilla prépare son métro ; Granada sa gran vía de Colón ; Madrid une interconnexion ferroviaire. Partout des immeubles en rénovation. Bennes et grilles barrent les rues. La plaza de Incarnación n'est qu'un dantesque tombeau surplombé des deux massives colonnes de béon gris. La alamena de los Hércules est un chantier fabuleux que surveillent deux paires de colonnes jumelles, et qu'investit le samedi soir à minuit la foule de la jeunesse sévillane. Presque au pied de la cathédrale, la santa patriarcal metropolitan iglesia catedral de Sevilla, on a découvert des tombes. Fouilles par des bénévoles, je pense. Ils ont revêtu les gilets jaunes réfléchissant qui signalent la présence de l'humain en zone de danger. Une tente montée ce matin fut démontée ce soir, laissant sur des papillons jaunes des numéros, et sur des os des tâches écarlates. Le squelette est sur le flanc, prostré, en chien de fusil. L'on distingue nettement la colonne vertébrale, et la cage thoracique et le crâne défoncé par le poids des ans. Il gît en pleine rue, sous un mètre à un mètre vingt de matériaux, remblais et bitume. Chrétien, musulman, je l'ignore. Hic jacet gloria mundi.