Hors des murs

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Andalousie, octobre 2006

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mardi 3 octobre 2006

Itálica, Santiponce. Mardi 3 octobre, 10h30

Piste 7

Itálica est un ensemble archéologique, vestiges de la Colonia aelia augusta italicensum fondée en 206 av. J.C. On visite la nova urbs, quartier fondé à l'époque d'Hadrien (élevé dans le coin : 76 - 138). C'est bien le même Hadrien, celui des Mémoires de Yourcenar. M'imaginer que ce gus ait pu fouler les mêmes rues que moi me donne le vertige temporel. La vetus urbs gît sous le centre urbain de Santiponce, établie au XVIIe siècle.

La nova urbs occupe une colline encore récemment cultivée. Subsistent de part et d'autre quelques oliviers dont les fruits commencent à se vêtir de deuil. Ce quartier suit un plan orthogonal, typique, mais légèrement décalé d'environ 40°. Existent des établissements privés, publics et semi-publics. Quelques-uns ont été dégagés, mais la plupart reste à fouiller. Ils ont pu être repérés ou identifiés par des techniques géophysiques (magnéto-? et résistivité). Ainsi, chaque espace remarquable est mis en valeur par une reconstitution des soubassements, et par des panneaux explicatifs clairs, et précis, certes en castillan, et passionnants. Le plan de chaque maison met en exergue les parties privées et publiques, les commerces.

L'on peut observer diverses mosaïques, celle de Neptune entouré d'une faune d'ibis, de crocodiles, de pygmés à la chasse à l'hippopotame ; celle des oiseaux qui identifie une trentaine d'espèces ; celle du planétarium où sont figurés les dieux représentant les sept jours de la semaine. Je reste abasourdi par le fait que l'organisation actuelle du temps remonte à plus de 2000 ans pour les jours et leurs noms, et encore plus loin (Mésopotamie) pour la base 60 qui découpe les heures et les minutes et le globe entier.

J'ai pu également jouer comme un gosse avec des concombres d'âne, cucurbitacée sauvage dont les fruits mûrs se détachent au niveau du pédoncule en expulsant un jet aqueux chargé de graines. Oui, c'était la première fois que j'en voyais.

lundi 2 octobre 2006

Obras. El Arenal. 2 octobre 2006.

piste numéro 6
Partout où je me rends je trouve des travaux. Sevilla prépare son métro ; Granada sa gran vía de Colón ; Madrid une interconnexion ferroviaire. Partout des immeubles en rénovation. Bennes et grilles barrent les rues. La plaza de Incarnación n'est qu'un dantesque tombeau surplombé des deux massives colonnes de béon gris. La alamena de los Hércules est un chantier fabuleux que surveillent deux paires de colonnes jumelles, et qu'investit le samedi soir à minuit la foule de la jeunesse sévillane. Presque au pied de la cathédrale, la santa patriarcal metropolitan iglesia catedral de Sevilla, on a découvert des tombes. Fouilles par des bénévoles, je pense. Ils ont revêtu les gilets jaunes réfléchissant qui signalent la présence de l'humain en zone de danger. Une tente montée ce matin fut démontée ce soir, laissant sur des papillons jaunes des numéros, et sur des os des tâches écarlates. Le squelette est sur le flanc, prostré, en chien de fusil. L'on distingue nettement la colonne vertébrale, et la cage thoracique et le crâne défoncé par le poids des ans. Il gît en pleine rue, sous un mètre à un mètre vingt de matériaux, remblais et bitume. Chrétien, musulman, je l'ignore. Hic jacet gloria mundi.

dimanche 1 octobre 2006

Calle Sierpes. 13 h 30, 1er octobre 2006.

piste numéro 3

Les boutiques de cette rue commerçante sont fermées le dimanche. Malgré tout, la rue n'est pas déserte. On déambule dans une rue voilée de toiles tendues pour protéger du soleil d'été. Un trio de cordes l'anime. On bifurque par la calle Bonifáz encombrée par les tables des cafés et des restaurants. Les espagnols plus âgés sont souvent endimanchés, plus que leurs enfants. Ors et argents couvrent de leurs reflets les toilettes des aînées, c'est noël en été. C'est vrai que deux après-midi j'ai pu croiser forces tenues de soirées, élégant frous-frous et scintillantes tenues, sortant ou rentrant d'un autocar sévillan.

samedi 30 septembre 2006

Bords du Guadalquivir, 30 septembre, 20 h 15. Crépuscule.

piste numéro 2

Journée chaude. Je suis arrivé dans l'après-midi à Séville, direction le centre de la cité, et une chambre partagée par cinq sur le toit d'un hôtel. C'est un hôtel à deux étoiles, organisé autour d'un patio crevant chacun des trois étages. Brun et blanc, telles sont les couleurs de la maisonnée. Le patio est couvert d'une lanterne, la terrasse est couverte d'une tenture, et porte des hamac où s'abandonner dans la torpeur de l'après-midi. Parfois j'y découvrirai l'aube, parfois la lune pleine, mais jamais le crépuscule. Ce jour-ci, je m'en offre un au léger parfum de vase. Au pied du puente Isabel II, l'on pique-nique ce soir. L'on profite de l'a douce brise et l'on s'essaye à la varappe sur les piles du pont. En face, le quartier gitan (Triana). Le pont s'illumine, l'église aussi. De fins esquifs fendent l'onde assoupie, et du loin viennent les rumeurs de la ville.

vendredi 29 septembre 2006

métro ligne 1, entre la ''Plaza de Castilla'' et ''Tribunal''.

piste numéro 1

J'arriverai dans le quartier prolo et artistique de Madrid, mais je ne pourrai fermer l'œil de la nuit à cause de la discoteca située au sous-sol de l'hôtel. À sept heures du matin, elle n'a pas cessé.

km 43, ''autopista del norte''.

piste numéro 50

Après une semaine dans le calme du pays basque français, vacarme de la voie rapide de Madrid au nord de l'Espagne. Traversée des monts cantabriques, puis de garrigues, plateaux, et montagnes sèches. On aperçoit déjà, qui dominent l'horizon, les imposants immeubles d'affaires en cours de construction Plaza de la Castilla. Nous croiserons de vastes champs d'éoliennes à travers le pays. Je les appellerai des sentinelles du vent, sentinelles car dominant de nombreuses crêtes, et veillant inconsciemment sur des pueblos écrasés de sécheresse.